Jean-Marie Le Pen est mort. Dans les partis de droite et la plupart des « grands » médias, on s’indigne du fait que beaucoup trouvent matière à se réjouir de la disparition d’un chef fasciste. Et les mêmes poursuivent le travail de normalisation de l’extrême droite.
Ainsi prétendent-ils que, si Le Pen a commis, certes, des déclarations condamnables, s’il a été un personnage « polémique » ayant commis quelques « dérapages », il devrait à présent être respecté comme un pan de l’histoire politique du pays. D’autres dans la constellation des médias Bolloré vont plus loin, faisant de lui un « lanceur d’alerte » sinon un « prophète », qui aurait posé de « bonnes questions » ou « prévu ce qui allait se passer », s’émerveillant déjà de la constance de ses « convictions » ou de son « immense culture »[1].
De bonnes nécrologies seront certainement publiées. On diffusera assurément ses « petites phrases » les plus violemment racistes, masculinistes ou homophobes. Mais sans doute oubliera-t-on certains aspects moins solubles dans l’idéologie dominante. Cette idéologie dans laquelle la diabolisation de Jean-Marie Le Pen a rempli une fonction cruciale, assurant la dissimulation des dimensions les plus institutionnelles et structurelles du racisme, et occultant la contribution des partis et médias dominants à la progression du lepénisme.
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Le diable de la République ?
Dans la France des années 1980-90, une bonne partie de la gauche et des mouvements antiracistes et antifascistes – notamment les satellites du PS comme SOS Racisme –, présentaient le racisme et la xénophobie anti-immigrés comme des virus idéologiques inoculés du dehors du jeu politique légitime – sinon de la société française – par le Front national, et en particulier par son leader Jean-Marie Le Pen : des virus permettant de diviser la classe ouvrière en flattant les préjugés…
Auteur: redaction

