Le 15 juillet 2025, au matin. Matis Dugast travaille comme brouetteur depuis janvier 2025, en intérim pour la société Atlanroute. Ce matin, il participe à un chantier sur une portion de la rue de la Louvetière, à Sainte-Flaive-des-Loups (Vendée). « C’est bête, mais vers 9 h 20 je ne me suis pas sentie bien », confie sa mère, Murielle Dugast. À ce moment-là, la trappe du camion transportant l’enrobé s’ouvre d’un coup, ensevelissant Matis en quelques secondes sous plusieurs tonnes de ce mélange de graviers, de sable et de liant hydrocarboné, utilisé dans la fabrication du bitume des routes.
Ses collègues prennent des pelles, localisent où creuser dans la masse ardente, extirpent sa tête puis tout son corps en une vingtaine de minutes. Un s’y brûle les mains. Matis est héliporté en urgence à Nantes et plongé dans le coma pour arrêter la douleur. Les gendarmes arrivent dans la foulée et font les premières constatations. Le jeune homme décède dans l’après-midi au centre de traitement des brûlés du CHU de Nantes (Loire-Atlantique). « C’est notre ange guerrier, souffle Murielle. On doit continuer à se battre pour lui, même si on est fatigués car on ne dort pas beaucoup. On pleure tous les jours. »
« Ne me dis pas que c’est Matis »
Yannick, son père, est chef d’équipe pour la même entreprise depuis treize ans, Altanroute, sur un chantier à Nantes. C’est lui qui fait entrer Matis via une agence d’intérim et qui le forme. « Le dirigeant de l’entreprise l’a appelé : “Ton fils a eu un accident.” Il a tout de suite compris que c’était grave. » Murielle rentre d’un rendez-vous médical. « Vers midi et demi, j’entends des portes de voiture. Je me dis que c’est bizarre. Mon mari est avec son supérieur, les yeux rougis. » Un de ses gendres l’appelle en larmes après avoir lu les titres de la presse locale…
Auteur: Lucie Inland

