« Ce n’était pas drôle mais on avait un moral du tonnerre », se souvenait Paul Leterrier. L’ex-fusilier marin des Forces françaises libres, dont le décès a été annoncé jeudi 27 août par la préfecture de la Manche, était le dernier survivant de la bataille de Bir Hakeim, en 1942, décisive face aux Allemands.
« C’était une vraie sarabande mais on a tenu le coup (…) On avait peur bien sûr. Il faudrait être idiot pour dire qu’on n’a jamais eu peur, ou alors cinglé », racontait-il en mai 2022 dans « Cols bleus », la revue de la Marine nationale. Sérieusement blessé à plusieurs reprises pendant la guerre, l’ancien combattant a toujours martelé qu’il n’avait fait que « son devoir ». Il prenait soin aussi, à chaque cérémonie, d’associer tous ses frères d’armes morts pour la France.
Né le 21 décembre 1921 au Havre, dans une famille de marins, Paul Leterrier est plutôt un adolescent timide quand il devient, à 15 ans, garçon de cabine pour la Compagnie générale transatlantique. Ce ne doit être qu’un boulot d’été mais traverser l’océan Atlantique à bord de prestigieux paquebots comme « Le Normandie » ou « Le Paris » lui plaît. « Je voyais du pays ». Et il croise des célébrités comme Marlène Dietrich.
De tous les combats
Quand la guerre éclate, il est à New York. « Nous avons été débarqués et j’ai fait partie du tout premier convoi pour rejoindre l’Europe ». Très vite, il s’engage dans la marine du nouveau régime collaborateur dans l’espoir de déserter et de rallier les forces françaises libres du Général de Gaulle. C’est chose faite lors d’une escale à Beyrouth en 1941 où il parvient à rejoindre les troupes anglaises et à intégrer la 1er brigade française libre.
Il sera dès lors de tous les combats. À commencer par la bataille de Bir Hakeim en mai-juin 1942 où, en plein désert libyen, 3 700 autres Français libres…
Auteur: La Croix (avec AFP)
