C’est un drame qui a pris une tournure très politique. Samedi 14 février, Quentin Deranque, un militant d’extrême droite de 23 ans, est décédé après avoir été roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée La France insoumise (LFI) Rima Hassan, qui se déroulait deux jours plus tôt à Sciences Po Lyon. Le jeune homme aurait été réquisitionné pour assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis, qui avait prévu une action devant les locaux de la faculté. Alors qu’une enquête pour homicide volontaire a été ouverte, l’hypothèse d’un affrontement de rue entre groupes militants, d’extrême droite d’un côté et antifascistes de l’autre, semble se confirmer.
Neuf personnes ont été interpellées dans la région lyonnaise, l’Isère et la Drôme, et placées en garde à vue à Lyon, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet pour « meurtre », « association de malfaiteurs » et « violences aggravées par la réunion, l’utilisation d’armes par destination et la dissimulation du visage ». Plusieurs des suspects sont fichés « S » pour radicalisation politique, en raison de leur appartenance à la Jeune Garde, un collectif antifa cofondé en 2018 par Raphaël Arnault, élu ensuite député sous l’étiquette LFI en 2024. Parmi les interpellés figure Jacques-Elie Favrot, collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault, qui, d’après ce dernier, aurait « cessé toutes ses activités parlementaires ».
Officiellement dissous en juin 2025 sur demande de Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, le groupe la Jeune Garde a déposé un recours auprès du Conseil d’État, toujours à l’étude par les magistrats. De par ses liens directs avec la Jeune Garde, LFI est également amplement ciblée ces derniers jours. Le parti et ses représentants sont ainsi tenus pour responsables de ce drame, par l’ensemble de l’extrême droite, une…
Auteur: Rozenn Le Carboulec

