Mort de Rémi Fraisse : huit ans après, le conflit sur l'eau continue

400 km au sud des mégabassines niortaises, le partage de l’eau fait bouillonner les esprits près de Sivens (Tarn). Huit ans après la mort de Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, la question des barrages continue d’agiter le Sud-Ouest. « Les tensions ne se sont pas apaisées, elles auraient même tendance à s’aggraver », déplore Cécile Argentin, présidente de France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées.

Dans la vallée du Tescou, où se trouve la forêt de Sivens, le calme est tout relatif. « Pour l’instant, le projet de retenue [collinaire] n’avance pas, mais cela ne veut pas dire qu’il est abandonné », dit Françoise Blandel, du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. Si le premier projet de barrage a été écarté, l’idée d’une ou plusieurs retenues d’eau dans le secteur semble toujours d’actualité. Cet été, en pleine sécheresse, le président du département du Tarn, Christophe Ramond, a asséné le credo des probassines : « Il y a urgence à créer des réserves d’eau en hiver pour les utiliser en été. » Les réunions ont repris en septembre, non sans tension. Quant à l’État, qui avait pourtant annoncé reprendre la main sur le dossier, il est pour le moment aux abonnés absents.

Signe de la fébrilité locale, fin août, Serge Bousquet-Cassagne, le président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne a proposé de venir « terminer le travail » à Sivens. Sous-entendu : venir construire un barrage sans attendre la concertation ni les autorisations. L’agriculteur est un habitué du passage en force : en 2019, il avait creusé, avec d’autres irrigants, une retenue gigantesque de 920 000 m³ — l’équivalent de 245 piscines olympiques — près de Caussade. En toute illégalité. Il a été condamné à de la prison avec sursis et à des amendes ; l’État a également ordonné de vider le barrage et de remettre en état la zone… ce qui n’a toujours pas été fait.

« On va être obligés de remonter au front »

Ailleurs dans le Sud-Ouest, des conflits surgissent, de manière récurrente, autour de l’eau. Le bassin est l’un des plus vulnérables au changement climatique. Et l’agriculture y dépend fortement de l’irrigation. Maïs, arbres fruitiers, semences… « Avec 986 millions de mètres cubes en 2016, les prélèvements agricoles représentent 42 % du total des prélèvements sur l’année, et près de 80 % des prélèvements en été », indique le comité de bassin Adour-Garonne. L’irrigation…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Lorène Lavocat Reporterre

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com