Mort du photographe Sebastião Salgado : l'Amazonie perd un fervent défenseur

À première vue, on pourrait croire qu’il s’agit d’une fourmilière. Puis, le regard s’affine, et l’œil commence à distinguer des formes humaines, minuscules et grouillantes, dont les contours contrastent avec le gris terreux de la Serra Pelada, plus grande mine d’or à ciel ouvert du monde, dans l’état amazonien du Pará. Elles restent aujourd’hui parmi les plus célèbres clichés de celui qui fut probablement un des plus grands photoreporters au monde.

Nous étions en 1986, et Sebastião Salgado commençait alors à découvrir l’Amazonie. Contraint de s’exiler en France pendant la période de la dictature militaire brésilienne (1964-1985), il a profité de la réouverture démocratique pour explorer un territoire qui, jusqu’ici, ne bénéficiait pas vraiment de l’attention mondiale.

« Dans les années 1980, ma plus grande curiosité, c’était de connaître les peuples de la forêt amazonienne. C’était un être humain que j’imaginais très différent de moi, mais j’ai tout de suite découvert que nous étions exactement pareils. Tout ce qui était important et essentiel à mes yeux était important et essentiel pour eux aussi », expliqua-t-il à la Folha de São Paulo en 2022.

S’ensuivront au total 48 voyages, qui feront de lui une des plus grandes voix de la lutte pour la sauvegarde de la forêt. « C’était un pionnier dans sa capacité à user de son art et sa visibilité pour faire avancer cette cause de la sauvegarde pour l’Amazonie », dit Ricardo Piquet, directeur du musée du Lendemain de Rio et du musée des Amazonies de Belém, fin connaisseur du travail du photographe.

« Sans lui, nous serions aveugles »

« Tião [surnom amical de Sebastião Salgado] a donné une dimension à l’Amazonie, il a démontré à quel point l’Homme y est petit », ajoute Izabela Teixeira, ancienne ministre de l’Environnement du Brésil et amie intime du photographe. Très émue, l’ancienne…

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Auteur: Raphaël Bernard

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