Dans certains quartiers de Lyon, la crainte de représailles est montée d’un cran ces derniers jours. Plusieurs centaines de militants d’extrême droite sont attendus dans les rues de la ville le samedi 21 février, près de l’endroit où le militant néofasciste Quentin Deranque, âgé de 23 ans, a été tué une semaine plus tôt.
Des syndicalistes et militants d’associations, classés à gauche, redoutent des dégradations de leurs locaux, voire des violences physiques, et ce, alors même qu’ils n’ont aucun lien avec la Jeune garde, l’organisation dissoute et mise en cause dans cette affaire.
Quentin Deranque est décédé le 14 février à la suite d’affrontements en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Six personnes ont pour l’instant été mises en examen pour « homicide volontaire », une septième — l’assistant parlementaire du député La France insoumise (LFI) Raphaël Arnault — pour « complicité par instigation » de cet homicide.
En guise de réponse, la manifestation a été déposée par Aliette Espieux, porte-parole du mouvement anti-IVG La Marche pour la vie — un mouvement catholique intégriste opposé à l’avortement —, et entend faire venir des identitaires de toute l’Europe. Des militants d’Italie, de Belgique ou encore d’Allemagne sont attendus.
Le maire écologiste Grégory Doucet a demandé à la préfecture du Rhône d’interdire cette marche. Mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a refusé cette requête, assurant que la marche serait « encadrée pour éviter tout débordement » par un « dispositif policier important ».
Des syndicats, librairies et bars associatifs fermés
À Lyon, les appréhensions face à des groupuscules violents organisés ne sont pas nouvelles, mais l’atmosphère anxiogène s’est amplifiée. Depuis quelques jours, des citoyens engagés tractent dans le 7e arrondissement, sur le tracé…
Auteur: Fanny Marlier

