"Mort modeste des JO grandioses": hommage à Paris à l'ouvrier décédé sur un chantier

Sortir de l’oubli cette « mort modeste »: soutiens et famille ont rendu hommage samedi à Paris à Amara Dioumassy, décédé sur le chantier d’un bassin destiné à rendre la Seine baignable lors des Jeux olympiques, qui sera inauguré en grande pompe la semaine prochaine.

Employé de l’entreprise Darras et Jouanin, le chef d’équipe d’origine malienne Amara Dioumassy, 51 ans et père de 12 enfants, est mort le 16 juin 2023 sur le bassin d’Austerlitz, percuté par un camion de chantier qui faisait marche arrière sans bip de recul.

Une centaine de militants syndicaux et membres de sa famille, certains en pleurs, se sont réunis samedi sous une pluie battante sur le lieu du drame pour réclamer « reconnaissance et justice pour Amara ».

« Aucun geste n’a été fait pour la famille » et « ses enfants sont affamés », a lancé son frère, Bally, 38 ans, coiffé d’un drapeau de la CGT en bandana.

« On voulait cacher cette mort », accuse Lyes Chouaï, délégué syndical CGT de la SADE, filiale de Veolia qui intervenait sur le chantier, et co-organisateur de l’hommage, interrogé par l’AFP.

Un militant de la CGT interpellait des passants pour leur rappeler qu’un ouvrier était mort à cet endroit il y a près d’un an, sans éveiller leur intérêt.

« Il est mort au pied de l’institut médico-légal (lieu du chantier, NDLR), ils sont venus constater son décès, il a été transporté directement à l’institut, d’où il a été renvoyé pour être inhumé au Mali », raconte Lyes Chouaï qui travaillait avec Amara.

Les soutiens de cet ouvrier expérimenté dans le BTP dénoncent de graves manquements à la sécurité sur ce chantier dirigé par la SADE, avec la Ville de Paris pour donneuse d’ordre.

Sollicités par l’AFP, la mairie de Paris et Veolia ont rappelé que…

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