LES MÉCANISMES DERRIÈRE CES VIOLENCES D’ÉTAT
L’année 2025 a été marquée par une série de meurtres policiers et de nombreuses violences survenues au contact de la police en Belgique. L’État, via son appareil répressif, est responsable de ces morts. À chaque fois, des modes opératoires similaires sont à l’œuvre dans le traitement médiatique, institutionnel et juridique réservé aux familles et proches des victimes, qui principalement sont des personnes non blanches et précaires. Dans cet article, nous revenons sur ces modes opératoires et sur le continuum de violences policières et institutionnelles qui ont ponctué cette année.
UN PROCÉDÉ BIEN RODÉ, UNE MÉCANIQUE QUI SE RÉPÈTE
Les meurtres policiers, cette année comme les précédentes, sont précédés et suivis d’une série de violences, de manière presque mécanique. Ils sont partie intégrante d’un continuum de violences d’État à la croisée de questions raciales et de classes. Ils en constituent la forme la plus brutale et la plus visible, mais ils ne surgissent jamais sans contexte.
Ces meurtres policiers touchent tendanciellement les mêmes populations car les institutions étatiques produisent et entretiennent d’abord les catégories raciales, qui sont reflétées dans l’exercice de la violence. L’État racialise certaines populations, celles non-blanches et/ou issues de l’immigration, en les traitant comme inférieures ou indésirables. L’organisation sociale marginalise et précarise ces parties de la population, en les assignant à résidence dans des quartiers relégués et sous-financés, en exerçant sur ces dernières une surveillance policière intensive et des contrôles permanents. Ce processus de racialisation, hérité de l’histoire coloniale, crée les conditions d’une violence d’État multiforme : contrôles au faciès, précarité économique maintenue par des politiques discriminatoires en matière d’emploi et de…
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