Un mort. Un quartier qui s’embrase. Des escadrons d’uniformes. Un emballement médiatique. Une prise de parole des autorités pour dédouaner la police de ses actions. Une contestation de cette version par les proches du défunt. Une marche blanche. Un appel au calme et à faire confiance à la justice. De longues années de procédure judiciaire…
De Vaulx-en-Velin en 1979 à Nanterre en 2023, en passant par Clichy-sous-Bois en 2005, cette spirale se répète régulièrement depuis plus de quarante ans. En face, que fait l’État ? « Sans une volonté politique du gouvernement, on ne pourra pas mettre un terme aux bavures policières », s’alarmait déjà en 1979 le dirigeant de la Fédération autonome des syndicats de police (Fasp), Bernard Deleplace.
En France, au moins 945 personnes sont décédées directement ou indirectement à la suite d’une mission des forces de l’ordre depuis 1977, toutes circonstances confondues (hors opérations terroristes). En vingt ans, les interventions létales de la police ont quasiment triplé. Sans préjuger de la légalité ou de la légitimité des interventions policières mortelles, la cartographie de Basta! couvre une diversité de situations auxquelles sont soumises les forces de sécurité.
Ces décès ne résultent pas nécessairement de la dangerosité de l’interpellation ni du dérapage d’un fonctionnaire, bien que cela ne soit pas exclu. La grande majorité des personnes décédées n’appartenait pas au grand banditisme. Au-delà du funeste nombre de morts, la régularité et la similarité de ces issues tragiques révèlent leur caractère prévisible. Et laissent donc entrevoir des possibilités de les éviter.
Depuis des années, des collectifs de familles de victimes des forces de l’ordre formulent en ce sens une série de revendications, consultables ici.
Supprimer l’IGPN ?
Deux tiers des interventions policières mortelles ne débouchent sur aucun procès. Zones d’ombres,…
Auteur: Ludovic Simbille, Névil Gagnepain

