« Whoum », un signal sonore de danger
Le phénomène acoustique appelé « whoum » s’est multiplié cet hiver dans l’ensemble des massifs alpins et pyrénéens. Ce bruit sourd, perçu comme une vibration remontant le long des carres de ski, correspond à la rupture d’une couche interne du manteau neigeux située plusieurs mètres sous la surface. Cette manifestation précède souvent le départ d’une plaque et constitue un indicateur fiable d’instabilité structurelle, bien documenté par les nivologues.
Le bilan humain au 26 janvier 2026 s’élève à douze décès dans des avalanches en France. Ce chiffre représente 68 % de la moyenne annuelle calculée sur les trois dernières années, qui s’établit à 17,65 morts. L’atteinte d’un tel seuil en seulement quatre mois de saison hivernale constitue un signal d’alerte pour les professionnels du secteur.
Pourtant, les données d’enneigement ne présentaient initialement aucun caractère alarmant : les Alpes du Nord affichaient un taux compris entre 90 et 110 % des normales saisonnières, les Alpes du Sud se situaient autour de 100 %, et les Pyrénées dépassaient même les 150 %.
La dangerosité résidait non dans l’épaisseur du manteau, mais dans sa structure interne, marquée par une instabilité héritée de l’histoire thermique du début de l’hiver.
L’origine de cette configuration remonte à la fin du mois de décembre 2025. Une période prolongée de froid sec, sans apport significatif de neige fraîche, a provoqué une métamorphose de profondeur des cristaux anciens. Ceux-ci se sont transformés en grains à faces planes : des éléments anguleux présentant des surfaces planes et peu adhérentes, formant ainsi une couche glissante incapable d’assurer une liaison solide avec les strates supérieures.
Lorsque les précipitations de janvier sont survenues, elles ont déposé une nouvelle couche cohérente sur ce substrat instable, créant une configuration…
Auteur: La Relève et La Peste

