On attendait la réalisatrice Kaouther Ben Hania. Son film The Voice of Hind Rajab sur Gaza, n’obtient finalement que la deuxième plus importante récompense de la Mostra de Venise, le Lion d’argent. À la surprise générale, c’est Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch qui s’est vu décerner le Lion d’or de la 82e Mostra de Venise, samedi 6 septembre. Cette deuxième place n’empêcha pas, à l’issue d’un festival très politique cette année, d’assister à une cérémonie de clôture ponctuée par les nombreux gestes et déclarations de solidarité à l’égard de Gaza.
Le film de Jim Jarmusch développe un triptyque entre le New Jersey, Dublin et Paris, porté par un casting prestigieux, notamment Adam Driver, Cate Blanchett, Tom Waits… Très sobre dans sa mise en scène, cette œuvre dans laquelle les silences, gestes et regards comptent souvent plus que les dialogues, se veut une réflexion tendre sur la famille. Une sorte « d’anti-film d’action », remarquait Jim Jarmusch, 72 ans et figure du cinéma indépendant, auteur du scénario. Lunettes noires sur le nez et portant un pin’s « Enough » (« Assez »), Jim Jarmusch a estimé qu’on « n’a pas besoin de parler politique pour être politique. Ça peut mettre en danger l’empathie et la connexion entre les gens, qui est la première étape pour résoudre les problèmes qu’on a. »
Il a été choisi devant le favori de la Mostra, The Voice of Hind Rajab, récompensé du Lion d’argent, le deuxième prix le plus important. Un film qui raconte l’histoire d’une jeune enfant morte à Gaza après un long calvaire dans un véhicule criblé de balles. Un drame dénoncé par l’ONU sur lequel l’armée israélienne n’a pas fait la lumière.
Au cœur du conflit israélo-palestinien
Sur scène, la réalisatrice franco-tunisienne, Kaouther Ben Hania, a dédié ce prix aux travailleurs du Croissant-Rouge palestinien….
Auteur: Christophe Henning (avec AFP)
