Mouvement anti-CPE en 2006 : comment et pourquoi a-t-il éclaté ?

Antoine Larrache a été un acteur et un témoin direct de cette mobilisation, puisqu’il était alors membre de la direction des Jeunesses communistes révolutionnaires, organisation de jeunesse de la Ligue communiste révolutionnaire, après avoir été membre du Bureau national de l’Unef. Alors étudiant à Jussieu, il a participé au mouvement sur ce campus, dans les différentes coordinations nationales et diverses réunions unitaires, en tant que représentant des JCR ou comme porte-parole de la coordination étudiante.

Partie I : Une attaque sans précédent contre les jeunes

Des tentatives de déqualification

Le CPE – Contrat première embauche – est un dispositif permettant aux patrons d’embaucher les jeunes de moins de 25 ans avec une période d’essai de deux ans, au lieu de 3 mois pour un CDI classique (contrat de travail à durée indéterminée), ce qui aurait permis de licencier sans motif pendant toute cette période. Le prétexte, comme pour toutes les attaques visant à précariser, est qu’il faudrait « assouplir » le droit du travail, les protections étant présentées comme des contraintes freinant l’entrée des jeunes sur le marché du travail. La dernière fois qu’une mesure censée aider les jeunes à s’insérer dans le monde du travail avait été introduite, c’était le Contrat d’insertion professionnelle (CIP), proposé par Balladur en 1993 et rapidement rebaptisé SMIC-jeunes par le mouvement, ou « Contrat d’intérêt patronal ». Balladur avait dû reculer.

En août 2005, un Contrat nouvelles embauches (CNE) avait été mis en place, touchant les nouveaux et nouvelles recruté·es dans les entreprises de moins de 20 salarié·es. Les classes dominantes discutèrent alors de la mise en place d’un Contrat de travail unique, supposé fusionner CDI et CDD, en vérité un nouveau contrat qui en finirait avec le CDI, qui reste actuellement, malgré les attaques, le…

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Auteur: romain romain