Gaza avait déjà été un tournant. Un peuple montrait en live, aux yeux de tous, son martyre, le génocide qu’il subissait. Israël, qui avait pris l’habitude de tuer en vase clos, ne s’en est jamais remis et ce n’est que le commencement de son jugement par le tribunal des peuples et du temps.
Le mouvement des lycéens est un tournant qui s’inscrit dans la même direction historique, même si, bien sût il ne s’agit pas du même degré de souffrance et d’horreur. Nous vivons une révolution du récit et de l’image, et donc de l’information de l’opinion : les brutalités, disons même la férocité policière actuelle en France, est saisie en direct par des millions de smartphones, témoins implacables de l’histoire vivante. Les faits sont là, racontés, vus pourrait-on dire et en direct, partout, par des millions d’yeux en France et dans le monde. Ce n’est pas seulement une dénonciation c’est aussi une arme de défense, de protection des jeunes en lutte pour leur avenir. Les mauvais policiers et leurs chefs savent désormais qu’il y en face d’eux une arme bien plus efficace que leurs grenades de « désencerclement » remplies de TNT et leur fusils LBD40, un smartphone, un simple smartphone qui les met en joue pacifiquement.
Le moindre éditorialiste, chroniqueur, commentateur de plateau TV a, en fait, dans la démocratie régnante, mille fois plus droit à la parole, mille fois plus de pouvoir que n’importe quel élu sans ne l’avoir, lui, jamais été. Brusquement, il est désormais pris en flagrant délit de mensonge : comme lorsqu’il prétend que « la violence de la police s’applique aux casseurs, à la racaille » comme ils aiment à dire, alors que tous ceux qui sont mutilés, les images en apportent la preuve concrète, sont des lycéens.
Echec et mat
Du coup le rapport de force avec les medias mainstream s’inverse : si ces medias ne montrent pas les images, la désinformation est évidente et ils…
Auteur: Djamel LABIDI
