Il suffit d’une étincelle pour que la colère populaire s’embrase. En annonçant son budget, le 15 juillet, François Bayrou ne s’attendait sans doute pas à déclencher une vague de colère qui espère paralyser le pays le 10 septembre.
Et la potentielle chute du gouvernement ne change pas l’objectif. « C’est pas juste Bayrou le problème, c’est l’accumulation des mesures antisociales. On n’est pas là pour faire de la politique, on est là pour transformer le système », explique Camille, participante au groupe Telegram Indignons-nous. Avec près de 9 000 membres, c’est l’un des canaux les plus suivis de l’ensemble des comptes Facebook, Instagram et TikTok qui relaient le hashtag #bloquonstout.
Le journal Le Monde est remonté aux origines de cette contestation avec la première mention d’un blocage le 21 mai dans un canal Telegram baptisé Les Essentiels, initié par des groupes proches de l’extrême droite et de la France souverainiste.
Méfiance vis-à-vis des partis
« L’extrême droite s’est aujourd’hui éloignée, car nos revendications ne vont pas dans son sens autour des questions de sécurité et d’immigration », remarque Flo, du collectif Blocage 10 septembre. Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national, a d’ailleurs déclaré que le rôle de son parti n’était pas « de crier dans un haut-parleur ».
Du côté de l’opposition, La France insoumise (LFI), Les Écologistes et les communistes soutiennent le mouvement. Mais les sympathisants insistent sur le côté apolitique du 10 septembre. « Les signes de soutien sont positifs, mais le mouvement doit savoir garder son indépendance et ne doit pas être sous la coupe des partis », souligne Gaëtan Souvarine, un des appelants du collectif Faire bloc.
Même méfiance du côté des syndicats, abondamment critiqués dans les échanges. « Ce qui pose problème aux gens, ce sont les centrales syndicales, qu’ils…
Auteur: Laury-Anne Cholez, Louise Mohammedi

