Voilà plus de deux semaines que je suis attentivement le traitement médiatique du mouvement lycéen et je crois pouvoir dire, sans l’ombre d’un doute, que je n’ai jamais vu un tel niveau de désinformation. Plus de mensonges que pendant les législatives 2024, plus de fake news que lors des municipales 2026, théâtre d’une rare violence et de coups bas de candidats prêts à tout pour l’emporter.
Le mouvement a commencé il y a un peu plus de deux semaines, lorsque les élèves du lycée de Saint-Exupéry à Créteil se sont mobilisés pour demander des conditions décentes d’éducation. C’est depuis un mouvement national, commenté à l’international : difficile de ne pas être concerné directement ou indirectement par ce qu’il se passe. Très vite, une partie des médias ont expliqué que c’était un complot de LFI (Acrimed), et ont très largement passé du temps à filmer des poubelles en feu, plutôt que de parler des revendications des lycéens.
Ce graphique d’Acrimed en est une parfaite illustration : aux JT de France 2, du 28 septembre au 1 octobre, ils ont passé 8% du temps à parler des revendications, et 75% du temps sur les violences et les dégâts.
Crédit : Acrimed / Jérémie Younes
Pourtant, les revendications sont claires, les problèmes des lycées (classes surchargées, des salles pleine d’amiante où il fait parfois 8 degrés l’hiver et 45 l’été, etc.). Des réalités statistiques rappelées par notre journaliste Emma Vinzent qui s’appuie sur les rapports de la DEPP et du Ministère de l’Education nationale. Mais personne ne devrait être surpris de l’état de l’éducation nationale tant elle a été malmenée en 10 ans de Macron. Le ministère de l’Education est par ailleurs le deuxième ministère le plus instable (derrière la santé) avec 8 ministres en 10 ans, à égalité avec celui de la transition écologique, autre “grande priorité” d’Emmanuel…
Auteur: Thomas Wagner
