Et d’un coup, l’avenue Voltaire à Paris se met à vibrer en ce mardi après-midi. Sans prévenir. Perché à l’arrière d’un camion, un jeune homme, à peine majeur, lance « La Marseillaise ». « Allons enfants » : ces deux mots suffisent. Face à lui, une foule compacte d’étudiants et de lycéens suit. D’une seule et même voix. Cet hymne, ces jeunes filles et ces jeunes garçons le connaissent et l’aiment. Surement plus que moi, qui lui préfère le « Chant des partisans ». Eux·elles en ont compris tout le sens.
J’ai vu de la révolte mais j’ai senti également une joie profonde, celle qui me serre le cœur systématiquement.
Les enfants de la patrie, ce sont eux·elles. Des adolescent·es scolarisé·es dans des lycées plus ou moins favorisés de Paris, de régions ou des quartiers populaires. Les « racailles » comme les a appelés un ex-président de la République, depuis plusieurs fois condamné. Les petites sœurs et les petits frères des « racailles » sont là, aux côtés de leurs camarades issus des classes sociales plus aisé·es. Cette jeunesse-là n’a jamais vu le périphérique comme une frontière en Île-de-France. Ils ont les mêmes codes, les mêmes références, ils écoutent la même musique.
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Sur ce trottoir de l’avenue Voltaire, j’ai vu de la révolte mais j’ai senti également une joie profonde, celle qui me serre le cœur systématiquement. Toujours sur ce trottoir, les larmes me sont montées aux yeux et j’ai essayé de les retenir. Rentrée chez moi, j’ai réfléchi. J’ai cherché à comprendre pourquoi j’avais été si émue par une « Marseillaise »,…
Auteur: Céline Martelet
