Le mouvement lycéen serait manipulé, instrumentalisé, voire organisé par La France Insoumise. Depuis la semaine dernière, le gouvernement désigne LFI comme responsable de la mobilisation, pourtant née de revendications très concrètes sur l’état de l’école publique. Une nouvelle fois, le parti se retrouve désigné comme bouc émissaire d’une contestation qui embarrasse le pouvoir. L’accusation est devenue familière. Les preuves, beaucoup moins.
À mesure que le mouvement lycéen s’étend, le gouvernement et l’extrême droite imposent un autre récit, celui d’adolescent·es dépossédé·es de leur propre colère, comme si leur mobilisation ne pouvait venir d’elles et eux-mêmes sans qu’un parti politique ne leur souffle quoi penser. La France Insoumise soutient ouvertement le mouvement. Mais soutenir une mobilisation ne signifie pas l’avoir déclenchée ni la piloter.
Pendant que les médias des milliardaires scrutent les poubelles qui brûlent et cherchent la main de Jean-Luc Mélenchon derrière chaque lycée bloqué, les revendications et la souffrance bien réelle des lycéennes et des lycéens disparaissent derrière un écran de fumée.
Un mouvement initié par les professeur·es et les lycéen·nes
À Saint-Exupéry de Créteil, des enseignant·es et des personnels se mettent en grève le 17, notamment contre plusieurs postes non pourvus. Les lycéen·nes les rejoignent dès le lendemain. Le 21 septembre, Clémence Guetté, Louis Boyard et Abdoulbar Djaffar apparaissent publiquement dans la mobilisation. LFI s’engage donc très tôt, mais le conflit et la mobilisation des élèves lui préexistent.
Les blocages essaiment ensuite, principalement par les réseaux sociaux, avec des revendications qui varient selon les établissements : enseignant·es et personnels manquants, classes surchargées, bâtiments dégradés, matériel, emplois du temps ou Parcoursup. Les syndicats prennent ensuite le relais : après une…
Auteur: Elena Meilune
