En marchant dans les rues bondées du quartier de Pakadjuma à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, je suis frappé par l’atmosphère vibrante qui m’entoure.
Les enfants jouent joyeusement dans les flaques d’eau, entourés de piles de sacs en plastique et de fossés d’égouts à ciel ouvert. Des cabanes rafistolées à l’aide de morceaux de tôle ondulée envahissent l’agglomération. De la musique rumba retentit dans l’air tandis que les jeunes s’amusent dans des bars ouverts, en attendant qu’on leur serve du porc ou du poulet grillé. Des travailleuses du sexe, assises à l’extérieur de cabanes en tôle dans des ruelles étroites, interpellent des clients.
Non loin de là, un centre de tri de Médecins sans frontières est le seul rappel que ce bidonville est l’épicentre de l’épidémie de mpox à Kinshasa. Aucune affiche, de brochure ou de bannière alertant les habitants sur les dangers de cette maladie virale qui a été déclarée urgence continentale et mondiale en août de l’année dernière.
À la clinique, les patients suspectés d’être atteints de mpox sont envoyés dans l’un des trois centres spécialisés de la ville. Les symptômes les plus courants sont la fièvre, les maux de tête, les douleurs musculaires, les frissons, l’épuisement, le gonflement des ganglions lymphatiques et les lésions. Grâce à des soins symptomatiques, la plupart des patients se rétablissent en 7 à 35 jours, en fonction de la gravité du cas.
En tant qu’épidémiologiste codirigeant la réponse au mpox pour le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, je me suis rendu à Pakadjuma pour me faire une idée plus précise de la situation sur le terrain.
Le mpox est historiquement une maladie rurale en RDC. Ce microcosme de Kinshasa met en lumière les défis complexes de la gestion de l’épidémie dans une ville.
Combattre sur deux fronts
Avec une population de plus de 17 millions d’habitants, Kinshasa est la…
Auteur: Yap Boum, Professor in the faculty of Medicine, Mbarara University of Science and Technology

