Faut-il des vues pour faire des voix ? À Paris, la campagne municipale se joue désormais largement sur les plateformes numériques. Moins de tracts, plus de vidéos. Sur Instagram ou TikTok, les candidats se mettent en scène dans la rue, discutent avec des habitants ou résument leur programme en moins d’une minute, adoptant les codes des influenceurs pour capter une attention devenue rare. Cette stratégie s’inscrit dans une transformation profonde des usages. Selon un baromètre de l’Arcom, 44 % des Français s’informent quotidiennement via les réseaux sociaux, un chiffre qui atteint 66 % chez les 15-25 ans. Les adultes y passent en moyenne 1 h 48 par jour. « Les réseaux sociaux permettent de rompre avec les codes institutionnels et de réduire la distance entre candidats et électeurs », observe Anaïs Loubère, dirigeante de l’agence Digital Pipelette, qui souligne la possibilité de « construire une relation plus personnelle » avec le public. Pour les équipes de campagne, l’enjeu est désormais double : exister dans l’espace numérique et transformer cette visibilité en mobilisation électorale.
Le modèle américain et la course à la viralité
Cette mutation s’inspire largement des campagnes étrangères, notamment celle de Zohran Mamdani à New York, qui a multiplié les vidéos immersives dans les transports ou chez les commerçants, contribuant à sa percée électorale. « Alors qu’il était au départ peu identifié, il a…
Auteur: Emma Bador-Fritche

