En 2020, le taux d’abstention inédit (55 %) s’expliquait par un scrutin réalisé en pleine pandémie du Covid-19. Cette année, bien que l’abstention soit en baisse (43 %) par rapport à 2020, elle reste en nette hausse par rapport à la dernière année de référence, 2014 (36,6 %). Historiquement, les élections municipales mobilisent les citoyens des villes de moins de 1 000 habitants, selon la directrice opinion d’IPSOS-BVA Christelle Craplet. La sondeuse souligne un « lien avec le maire qui est plus prononcé […] avec une proximité qui engendre la mobilisation ».
La réforme du scrutin municipal des villes de moins de 1 000 habitants, promulguée en mai 2025, a profondément bouleversé la vie politique des communes rurales. Avec l’obligation de présenter des listes paritaires, dans lesquelles figurent donc autant de femmes que d’hommes, le principe de panachage a disparu. Ce dernier permettait aux électeurs de barrer un ou plusieurs noms d’une liste candidate pour les remplacer par d’autres. Christelle Craplet parle ici de la perte du « poids fort » de l’électeur dans le scrutin, souvent limité par une candidature unique.
Cette modification des modalités du scrutin a conduit à une large diminution du nombre de candidatures et surtout à une plus faible implication des électeurs ruraux, selon l’AMF. Ainsi, 23 750 communes en France, soit plus de deux tiers des communes du pays, ne comptaient qu’une liste candidate. Si…
Auteur: Chloé Vaquette

