Attention, sujet hautement inflammable. La gestion des déchets crispe et, à l’approche des municipales, des candidat(e)s n’hésitent pas à l’instrumentaliser pour gagner quelques voix. En cause : des tarifs qui augmentent et un service bouleversé par de nouvelles obligations pour les collectivités. Alors, cette colère est-elle justifiée ? Et surtout : qui est responsable des changements structurels à l’œuvre ?
Depuis la loi NOTRe de 2015, la gestion des déchets est une compétence des intercommunalités (métropoles, agglomérations, EPCI…), une strate administrative qui sera renouvelée aux élections de mars prochain. Les déchets peuvent aussi être gérés par des entreprises privées ou des syndicats publics départementaux. Mais dans ces deux cas, ce sont les élu(e)s qui fixent les objectifs et rédigent le cahier des charges.
Des responsabilités toujours plus importantes pour les collectivités, mais des baisses de dotations de l’Etat…
Des missions importantes et variées
Dans le détail, les intercommunalités ont pour missions de créer et d’assurer la maintenance des infrastructures de transfert, de transport et de traitement des déchets, sans oublier l’animation notamment en faveur de la réduction et du tri.
Malgré ces nombreuses compétences, les décisions importantes se prennent au niveau national et notamment celles qui, aujourd’hui, chamboulent le secteur. “Les maires se retrouvent coincés et leurs marges de manœuvre sont faibles” résume pour Bon Pote le chercheur Mathieu Durant, enseignant-chercheur à Le Mans Université et spécialiste de la rudologie. En cause, le désengagement de l’Etat : “Les déchets prennent de plus en plus de place pour les collectivités et les dépenses ne font qu’augmenter, analyse Pauline Debrabandere, responsable du plaidoyer chez Zero Waste France, or elles ont de moins en moins de dotations de l’Etat.”
Deux exemples…
Auteur: Mathieu Brand

