Dimanche soir, une bataille sourde s’est ouverte à gauche. Celle « du récit ». Entre Le PS et LFI, nouveaux alliés de circonstance dans une série de villes où les listes ont fusionné localement, la bataille continue malgré tout. Elle porte sur la lecture et les enseignements du premier tour des municipales. Avec une question simple au fond : qui a gagné ?
« C’est quelque chose d’assez courant chez les trotskystes, quand on perd une élection, on dit qu’on la gagne »
Fort de leurs poussées, voire de leurs bons scores, parfois devant le PS, dans plusieurs grandes villes et villes moyennes, les amis de Jean-Luc Mélenchon avaient le sourire dimanche. Mais du côté du Parti socialiste, on s’efforce depuis de contrer l’idée que LFI ressortirait renforcé du scrutin.
« C’est quelque chose d’assez courant chez les trotskystes. Quand on perd une élection, on dit qu’on la gagne », pointe du doigt un haut responsable du Parti socialiste ce mercredi. Dans les rangs du parti, on appelle à se méfier de la stratégie du leader insoumis. « Il utilise les municipales pour pouvoir dire, « vous voyez bien que la gauche ne peut pas exister sans moi ». Car tout ce qui l’intéresse, c’est de préparer la présidentielle. Et il sera content de dire, « vous voyez, le PS est obligé de faire alliance avec moi, car ce sont des vendus » », décrypte une sénatrice.
« LFI dépasse le PS que dans 9 villes »
Comme aiment dire certains…
Auteur: François Vignal

