Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui a pour la première fois investi les élections municipales pour en faire un laboratoire en vue de la présidentielle, s’estime gagnant. Non seulement le parti, qui partait de rien, a emporté des mairies, mais il est arrivé à imposer son rapport de force dans l’entre-deux-tours.
Dans plusieurs grandes villes, les alliances du Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) ou Les Écologistes et LFI ont permis à la gauche de l’emporter, notamment à Lyon, Grenoble et Nantes. Pour autant, les alliances larges à gauche ont le plus souvent débouché sur une défaite, et les reports de voix ne se sont pas effectués à la hauteur des espoirs à Limoges, Brest, Clermont-Ferrand, Poitiers. Dans les villes symboles de Paris et Marseille, la « social-écologie » a gagné sans alliance avec LFI.
Vers 20 h 20, tandis que peu de résultats étaient dévoilés, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a salué la « percée remarquable » du parti de Jean-Luc Mélenchon « qui se conforme et se renforce ». Après la victoire de Bally Bagayoko à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dès le premier tour, LFI gagne Roubaix (Nord) et Le Tampon (La Réunion).
Une percée insoumise dans plusieurs villes
Largement en tête du premier tour, le député David Guiraud devient le nouveau maire de la ville populaire de Roubaix avec 53,2 % des voix, selon les premières estimations Ifop. En face, le maire de droite sortant Alexandre Garcin obtient 25,6 % ; la tête d’union de la gauche, Karim Amrouni, qui avait préféré y aller en solo, récolte 11,1 % des voix ; et la candidate RN, Céline Sayah, 10,1 %.
Aly Diouara, candidat LFI, gagne la mairie de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) avec 51,53 % des voix face au socialiste Oumarou Doucoure (48,47 %). La ville était entre les mains du Parti communiste français depuis soixante-dix ans, dont trente ans sous l’autorité du maire…
Auteur: Agathe Di Lenardo, Fanny Marlier, Scandola Graziani

