Municipales : la gauche n’a plus le luxe de s’égarer

La gauche française mesure-t-elle encore la gravité de l’époque ? Alors que l’extrême droite avance avec une assurance presque tranquille et que le macronisme se délite en ne tenant plus qu’un pouvoir sans horizon, la gauche semble s’enfermer dans des querelles qui ne masquent plus rien : ni son impuissance stratégique ni l’étrange confort qu’elle trouve parfois à échouer.

Pourtant, il y a à peine plus d’un an, elle avait prouvé qu’elle pouvait se hisser au niveau de l’histoire. Aux législatives anticipées, elle avait offert, pour la première fois sous la Ve République, des candidatures communes appuyées sur un projet partagé. Personne n’avait renoncé à ses désaccords ; chacun avait simplement compris que l’essentiel était ailleurs : empêcher le pays de basculer.

Aujourd’hui, tout semble à refaire. La présidentielle s’annonce comme une fragmentation en trois lignes – Mélenchon, Glucksmann et une hypothétique primaire, dont les principaux intéressés ne veulent pas – et, dans l’ombre de cette division, se joue un autre rendez-vous dont la gauche sous-estime gravement la portée : les élections municipales.


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Elles seront pourtant déterminantes dans les dynamiques politiques à venir et pèseront lourd dans la présidentielle qui suivra. Car c’est dans les villes, leurs alliances, leurs ancrages et leurs rapports de force que se dessineront les conditions – ou l’impossibilité – d’un rassemblement de la gauche et des écologistes. Et sur ce terrain, les signaux sont alarmants.

À Paris, le Parti socialiste persiste dans une stratégie incompréhensible : refuser tout accord de premier comme de second tour avec La France insoumise, alors…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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