Dimanche 22 mars, tous les camps crient victoire sur les plateaux de télévision, alors que le climat politique n’a jamais été aussi suffoquant. En réalité, il n’y a pas eu de «vague» d’un côté où de l’autre : la gauche a globalement conservé ses bastions, le macronisme finit gentiment de se désintégrer, et le RN continue d’avancer et de construire son «union» avec LR en vue des présidentielles. On fait le point.
Le premier parti de France reste l’abstention
Celle-ci est montée à 43% au niveau national. Elle n’a jamais été aussi importante à l’échelle nationale pour un second tour d’élections municipales de toute l’histoire de Vème République, si l’on excepte l’année du Covid. Les maires, jusqu’ici considérés comme des «élus de proximité» suscitant moins de rejet que les autres, sont eux aussi boycottés. Le politiste Youssef Souidi, coauteur de Nouvelle cartographie électorale de la France (Textuel, 2026), donne l’exemple de Mulhouse (Haut-Rhin), ville emportée par un centriste au terme d’une quinquangulaire, avec 5.556 votes : «Cela représente 24% des votes exprimés, et 10% seulement des inscrits».
Nos villes sont donc dirigées par des personnes désignées par moins de la moitié des habitant·es en âge de voter, parfois moins, le tout dans une indifférence généralisée. Alors que ce devrait être le premier sujet des débats, personne n’en parle, et les restes de la démocratie continuent de s’effriter.
Prenons les 20 plus grandes villes de France, il n’y a que trois vraies évolutions. Les écologistes perdent Bordeaux, remportée par un centriste, ce qui est plutôt un retour à la «normale» pour cette ville traditionnellement à droite. Saint-Étienne passe de la droite au PS. Nice, déjà dirigée par la droite extrême, tombe dans le camp du RN. Ailleurs, les métropoles restent entre les mêmes mains, malgré les faux suspenses entretenus…
Auteur: B

