Les résultats du second tour des municipales ont le mérite de la clarté : pour la gauche dans son ensemble, et pour les écologistes en particulier, il n’y a pas de quoi sabrer le champagne. Quant à La France insoumise, elle peut bien tenter de maquiller la réalité, le tableau est contrasté, pour ne pas dire inquiétant. Certes, les insoumis peuvent revendiquer une victoire symbolique à Roubaix et une poignée de conquêtes dans des villes moyennes, notamment dans ce qui reste de l’ancienne ceinture rouge.
Dans de nombreuses villes, un véritable front anti-LFI s’est constitué.
Mais cette progression, réelle, est contrebalancée par deux échecs majeurs : Toulouse et Limoges. Deux villes où la victoire était à portée de main. Deux villes où, manifestement, les divisions ont coûté cher. D’un côté, Jean-Luc Mélenchon a cru pouvoir jouer une partie solitaire, au risque de braquer une partie de l’électorat. De l’autre, des socialistes plus soucieux de préserver leurs positions que de construire une dynamique commune ont torpillé des accords pourtant nécessaires.
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Mais au-delà des querelles d’appareil, un phénomène plus profond s’est installé : dans de nombreuses villes, un véritable front anti-LFI s’est constitué. Pas toujours explicite, rarement assumé, mais électoralement redoutable. Une partie de l’électorat de gauche a préféré l’abstention ou le repli, quand une autre a, plus frontalement, contribué à faire barrage aux candidats insoumis.
Le Parti socialiste, lui, s’en sort plutôt bien. Il gagne des villes détenues par la droite, conserve nombre de bastions et en perd aussi. Il démontre malgré tout une capacité d’ancrage local que les…
Auteur: Pierre Jacquemain

