Montpellier (Hérault), reportage
Sous une pluie battante, cinq militants brandissent leurs pancartes potagères. Tomate, poireau, carotte… S’ils ont bravé l’averse, c’est que le moment est crucial pour leur lutte. Dans quelques jours, les Montpelliérains vont élire une nouvelle équipe municipale. À la clé, espèrent les activistes : la remise en cause d’un projet immobilier qui condamnerait la dernière parcelle maraîchère de la ville.
Car la création de 69 logements a été avalisée par le maire socialiste sortant, Mickaël Delafosse, via un permis de construire délivré l’été dernier. Or « ce qu’un élu a fait, un autre peut le défaire », pensent les membres du collectif Préservons la cité Bergère. Par exemple en préemptant le terrain pour en faire une ferme municipale. « On croit dans le jeu électoral, dit Lucie dans son ciré jaune ruisselant. Avec cette élection, on a une toute petite chance de gagner. »
Pour ce faire, le collectif n’a pas lésiné sur les moyens. Tractages, conférences de presse… et surtout une interpellation des candidats. 7 des 10 listes contactées — les organisations d’extrême droite n’ont pas été sollicitées — se sont ainsi engagées à préserver cette terre agricole. Favori des sondages, Mickaël Delafosse a refusé de signer. « Ce scrutin est une occasion de dire stop à ce maire bétonneur », souligne Lucie.
À l’instar du collectif pour la cité Bergère, nombre de luttes locales ont fait irruption dans la campagne des municipales. Sondage des candidats au sujet de la ligne à grande vitesse au Pays basque, sensibilisation des électeurs sur un projet de port touristique porté par la mairie à Anse (Rhône), fausses affiches électorales contre le projet EMME de raffinerie non loin de la Garonne, à Parempuyre, etc.
« Il y a plus de 700 luttes locales, rappelle Zoé Pélégry, qui coordonne la campagne…
Auteur: Lorène Lavocat

