Le 15 mars, à la tombée de la nuit, tombaient les premiers résultats des élections municipales 2026. Six ans après ce qui a été qualifié de vague verte dans de nombreuses métropoles du pays, le retour aux urnes des maires et candidats écologistes s’annonçait compliqué. Doctorant au Centre d’études européennes et de politique comparée, Simon Audebert analyse celui-ci pour Reporterre. Le politiste appelle surtout à décentrer nos regards des grandes villes, pour observer ce qu’il se joue dans les territoires ruraux.
Reporterre — Les premières tendances du scrutin confirment-elles le reflux annoncé de la vague verte observée en 2020 ?
Simon Audebert — Cette vague verte souvent évoquée s’inscrivait dans une dynamique très différente, ce qui rend la comparaison assez compliquée. En 2020, nous n’avions pas observé d’alliances d’ampleur dans la plupart des grandes villes, lors du premier tour. Les négociations avaient eu lieu pendant l’entre-deux-tours, où les Écologistes avaient réussi à s’imposer comme tête de liste dans bien des communes. Au second tour, leur réussite avait été largement commentée par la presse, mais il s’agissait surtout de victoires d’alliances de gauche.
Cette fois-ci, ces alliances se sont beaucoup construites dès le premier tour. Et les Écologistes y figuraient moins en tête de liste, à l’image de Paris, Marseille et Nantes [où des représentants du Parti socialiste (PS) occupent la première place des candidatures communes]. D’où la difficulté à comparer les deux scrutins. Quoi qu’il en soit, a priori, les résultats ne sont pas aussi défavorables que certains sondages auraient pu le laisser penser.
Lyon en est l’illustration parfaite.
Oui, les sondages plaçaient Jean-Michel Aulas [ancien président de l’Olympique lyonnais aujourd’hui candidat de droite à la mairie de Lyon] largement en tête. Et à la surprise générale, le maire…
Auteur: Emmanuel Clévenot

