Les polémiques se suivent et se ressemblent pour Daniel Ek, le PDG de Spotify. Il y a quelques semaines, il suscitait de nombreuses critiques en déclarant que le « coût de la création de contenu est proche de zéro ».
Le 30 juillet 2020, au lendemain de l’annonce des résultats financiers de Spotify pour le second trimestre correspondant au début de la crise sanitaire, Daniel Ek scandalisait une partie de l’industrie musicale en affirmant que « l’on ne peut pas enregistrer de la musique une fois tous les trois ou quatre ans et penser que cela suffira ». Ces prises de position successives du patron de la plateforme de streaming musicale la plus populaire au monde (615 millions d’utilisateurs, 280 millions d’abonnés dans plus de 180 pays) dénotent la vision stratégique agressive de Spotify : « nous nous concentrons de manière agressive sur la croissance, à faire grossir l’entreprise ».
Alors même que la plateforme de streaming est régulièrement pointée du doigt pour le faible niveau de rémunération des artistes, Daniel Ek leur fait porter la responsabilité en raison de leur manque de productivité, suscitant une levée de boucliers au sein de l’industrie musicale.
Pour couronner le tout, une autre polémique impliquant Spotify et le Centre National de la Musique (CNM) a éclaté en mars dernier, après que l’entreprise suédoise ait annoncé que les
« abonnés à Spotify Premium en France subiront une augmentation de prix en raison de coûts supplémentaires sur les services de streaming musical, imposés par le gouvernement français dans le cadre de la “taxe CNM” ».
Annoncée en décembre 2023, la taxe streaming – que Spotify a renommé « taxe CNM » – a été mise en place au 1er janvier 2024 dans le cadre d’un amendement au projet de loi sur le budget 2024.
La proposition visait à…
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Auteur: Boris Collet, Maître de conférences, Université Savoie Mont Blanc

