Depuis le coup d’État, les économies criminelles et extractives prospèrent au Myanmar, dans le sillage de l’effondrement de l’État de droit. Le pays est devenu le premier producteur mondial d’opium et de méthamphétamines, tandis que l’exploitation des terres rares s’est intensifiée à un rythme spectaculaire.
Le nombre de sites d’extraction de terres rares a ainsi augmenté de plus de 150 %. Mais cette course aux ressources ravage les forêts et empoisonne les eaux dans les régions minières.
C’est ce tableau d’un conflit alimenté par les trafics, l’exploitation minière et les réseaux criminels que Volker Türk a dressé devant le Conseil des droits de l’homme, réuni à Genève pour sa 63e session.
Exploitation et les violences dans les mines
Le recours à des techniques minières hautement destructrices a entraîné une déforestation galopante et des eaux de ruissellement saturées d’éléments radioactifs et de produits chimiques toxiques, notamment de l’arsenic et du plomb. Cette contamination fait peser des risques sur l’eau potable et les moyens de subsistance liés aux cours d’eau en Thaïlande voisine et dans l’ensemble du bassin du Mékong.
À cette violence environnementale s’ajoutent des conditions de travail abusives.
« Les opérations minières s’appuient également sur des pratiques de travail abusives et exposent les personnes, en particulier les femmes, à des dangers mortels, à des abus institutionnalisés et à des violences sexuelles systématiques », a déploré Volker Türk.
Parallèlement, les centres d’escroquerie prolifèrent dans les zones frontalières et les grandes villes, « suscitant des inquiétudes concernant la fraude, les enlèvements, la traite des êtres humains, l’esclavage, les violences sexuelles et l’exploitation ».
Plus largement, les répercussions régionales dévastatrices de la crise apparaissent chaque jour plus clairement. Des millions de personnes ont été…
Auteur: Nations Unies FR
