Cette semaine est paru le classement 2023 des plus grandes fortunes de France. Si j’ai décidé de me pencher sur ce petit univers de fuckers de pauvres, c’est pas du tout parce que l’argent m’excite, mais plutôt parce que la férocité de ses plus grands collectionneurs me fascinent. J’ai donc voulu zoomer sur ce gotha comme un documentariste animalier zoome sur une meute de prédateurs.
Y’a quelques mois, j’ai écrit un petit article sur la question du « feminism washing », en m’attardant sur l’exemple d’une meuf, Mylène Romano, figure invisible du petit monde des affaires parisien, et qui avait eu l’idée obscène de s’afficher fièrement dans les colonnes du magasine Marie-Claire en s’auto-proclamant tout à la fois « bâtisseuse d’empire » et « feministe ». Cette éclatante contradiction m’avait à ce point frappée que je décidai alors de dénoncer dans vos colonnes l’insupportable fanfaronnade de cette opportuniste décomplexée. Je croyais alors en avoir fini avec elle. En fait je croyais surtout avoir expulsé assez de colère pour ne plus penser continuellement à tout ça : à tous ces crevards qui œuvrent sans arrêt à l’appauvrissement des pauvres, à l’enlaidissement du monde, à l’assèchement des coeurs et, pour tout dire, à notre ruine à toustes. Mais les galères du quotidien — les soucis d’argent, la canicule et l’actualité toujours plus nauséabonde — m’ont rapidement rattrapée. Aussi, je crois pouvoir dire aujourd’hui que « le fantôme de la hess » — même si j’étais parvenu à poser un nom et un horrible visage dessus — continue de me hanter.
En vrai depuis j’ai pas cessé de penser à elle, à cette Mylene Romano dont je n’avais jusqu’alors pourtant jamais entendu le nom ni vu le visage, en me demandant à quelle monde elle appartenait, en fait. Je veux dire, c’est quoi sa vie à elle ? son quotidien ? Elle bouffe quoi à midi ? Et où ?…
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Auteur: dev

