Vendredi 26 juillet au soir, lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, le Comité d’organisation convoquait quatre super légendes du sport et de l’olympisme pour porter la flamme sur la Seine, entre le Trocadéro et le jardin des Tuileries. Carl Lewis (9 médailles d’or), Serena Williams (4), Rafael Nadal (2) et Nadia Comăneci (5) l’ont transmise à Teddy Riner et Marie-Josée Pérec (eux-mêmes triple médaillés) qui, conjointement, ont allumé la vasque.
Voilà qui vient rappeler le statut exceptionnel toujours accordé à la gymnaste par le monde sportif, près d’un demi-siècle après ses performances de Montréal. Mais quelle fut la vie de cette fillette qui n’avait alors que quatorze ans ?
Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1989, par température négative, dans l’obscurité et le silence absolus, durant plus de six heures de marche sur terrain verglacé, de lacs à moitié gelés et de forêt dense, un groupe de sept personnes traverse clandestinement la frontière entre la Roumanie et la Hongrie, prenant le risque considérable pour l’une d’entre elles de se faire arrêter ou de prendre une balle dans le dos. Elle se nomme Nadia Comăneci, et c’est une icône planétaire de la gymnastique artistique féminine, plus connue à travers le monde que le Conducator de la Roumanie socialiste, Nicolae Ceauşescu !
Depuis 1976 et l’éclosion aux yeux du grand public (mais pas des spécialistes) de Nadia Comăneci lors des Jeux olympiques de Montréal, première gymnaste à obtenir la note parfaite de 10.00 lors de ses exercices aux agrès ou au sol (sept fois lors de ces Jeux), au point que le tableau électronique n’étant pas prévu pour une telle note dut afficher 1.00, qu’a-t-il bien pu se passer pour que la personnalité la plus emblématique et positive à l’étranger du régime de la dictature roumaine, quitte ainsi le pays ?
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Auteur: Michel Raspaud, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes (UGA)

