Bâle (Suisse), reportage
Au milieu de la ville brûlante, le ruban bleu du fleuve apaise le regard. Ce jeudi midi, le mercure affiche 34 °C dans les rues de Bâle. Les badauds les plus pressés trottinent d’un trottoir à l’autre pour rester à l’ombre des bâtiments de la vieille ville. Ceux qui ont le temps de flâner se dirigent vers les berges du Rhin.
Pour qui le connaît en fleuve-frontière, lent, large et anthracite, le cours d’eau est ici méconnaissable. Ses eaux rapides et turquoise — transparentes, même, le long des berges — lui donnent des airs de torrent. Peu avant le pont Saint-Jean, dans le nord de la ville, une volée de marches permet d’accéder à une petite zone de baignade, prisée des Bâlois. Sur les quais, quelques tas d’affaires signalent des baigneurs partis piquer une tête. Tout au bout de la jetée, Benjamin et ses collègues s’apprêtent à se jeter à l’eau.
Originaire de Flims, dans l’est de la Suisse, Benjamin s’est installé à Bâle il y a cinq ans. Habitué à nager dans les lacs du canton des Grisons, le jeune homme a poursuivi ses baignades en eau vive dans la ville frontalière de l’Alsace. « Ça n’a rien d’exceptionnel. On peut se baigner dans toutes les rivières en Suisse, explique-t-il. Ce qui change peut-être ici, c’est que la Ville donne tout un ensemble d’informations pour faciliter la baignade. »
L’application BachApp permet en effet aux Bâlois de connaître la température de l’eau, mais aussi la force du courant et le niveau du fleuve. Sur son site, la Ville conseille de ne pas se baigner lorsque le niveau de l’eau est trop élevé, quand le Rhin charrie des eaux de fonte, ou qu’il y a eu de fortes pluies en amont. L’ensoleillement, en revanche, tend à améliorer la qualité de l’eau, les rayons UV tuant les bactéries à la surface.
La Ville édite également une brochure rappelant quelles sont les zones de baignade autorisées le long du…
Auteur: Adrien Labit, Anne Mellier

