Le jeune gars est mort, 17 ans.
Le flic assassin a-t-il dit « tu vas te prendre une balle dans la tête »,
ou son collègue a dit, ou un des jeunes à Nahel dans la voiture… ?
dans tous les cas il demande pardon.
Il tue, de sang froid, ou chaud, et demande aussitôt pardon.
Il tue, d’une balle tirée à bout portant, et « pardon ».
Le chef suprême dit « inexplicable et inexcusable ».
Il faut être président de la république pour dire « inexplicable et inexcusable »,
pour sauver l’assassin et préparer le pardon.
Quand bien même serait-il condamné, enfermé, détenu de longues années,
l’assassin sera pardonné,
il aura eu un bref moment, très bref, si bref, – la vie d’un jeune garçon de 17 ans
est tuée d’un coup si bref –
un moment si bref d’incompréhension, inexplicable pour le président.
Que faut-il comprendre en effet ?
Que ce flic, « exemplaire » dit sa hiérarchie, décoré, primé, distingué par Lallement
vaillant préfet, père de famille, etc,
a eu soudain un égarement, une saute d’humeur, un coup de grisou psychique,
comme beaucoup qui, pour des raisons inconnues, inconnaissables sinon après coup,
et encore, butent leur voisin ou un jeune qui « fout le bordel » sous leurs fenêtres.
Un flic, finalement, c’est quelqu’un d’ordinaire, qui peut péter les plombs,
comme n’importe qui en surchauffe, la surchauffe étant la condition atmosphérique générale, qui crame les cerveaux, et quand on possède un flingue,
d’un usage légal, crame celui des autres.
« Les conditions n’étaient pas réunies » pour l’usage de son arme, la bavure donc, « inexplicable » de la part d’un flic qui connaissait par cœur la règle de l’usage des armes.
Ce qu’il ne connaissait pas par cœur, c’était la nature de sa pulsion soudaine,
« inexplicable ».
Nahel Merzouk, franco-algérien, aurait reçu des coups de crosse de révolver
avant d’être abattu à bout portant, et c’est…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

