À la Une de la PQR, il y a les images que montrent les rédactions, et celles qu’elles ne montrent pas. Les acteurs qu’elles soutiennent, et ceux qu’elles ne tolèrent pas. Les violences qu’elles condamnent, et celles qui ne comptent pas. Les bilans qu’elles dressent, et ceux qu’elles ne tirent pas. Les mots qu’elles emploient, et ceux qu’elles préfèrent taire. Évidemment, des Unes ne sauraient résumer la diversité des contenus éditoriaux et du travail journalistique des différents titres de la PQR que nous avons épluchés. Elles méritent néanmoins que l’on s’y attarde, d’une part parce qu’elles révèlent tout à la fois le cynisme commercial et les choix très politiques des chefferies éditoriales, et, d’autre part, du fait de leur potentiel effet de cadrage sur le débat public que leur confère leur visibilité.
« Il faut le reconnaître : ces scènes […] ont de quoi faire honte », cingle le directeur adjoint de la rédaction du Parisien dans son édito, le 28 juin. Mais qu’on ne s’y méprenne : au lendemain de la mort de Nahel, ce n’est pas de cette « scène », filmée, qu’il s’agit. Non plus de la « mort sans images » d’Alhoussein Camara, 19 ans, tué lui aussi par un policier lors d’un contrôle routier une semaine plus tôt. Ce jour-là, ce qui fait honte à Olivier Auguste, c’est la « vingtaine de membres du gang roumain des Scorpions, spécialisés dans [l’] escroquerie [du jeu du bonneteau à Paris] sur la voie publique » : l’« opération de démantèlement » policière occupe, conséquemment, la double-page du Parisien.
Être tué à bout portant par la police ne mérite pas qu’on bouscule un ordre éditorial : l’information est bien présente, mais à la page 15 du journal, accompagnée d’un court reportage sur le rassemblement organisé devant le commissariat de Nanterre. Et comme l’indique son titre – « Neuf interpellations après des tensions avec les…
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Auteur: Pauline Perrenot

