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Le 5 janvier à Nancy, les faits
C’est l’histoire de vieux monsieurs et de vieilles dames qui pensent, depuis cinquante ans, que le Moyen-Âge, les rois et les guerres, c’était ce qui se faisait de mieux. « C’était mieux avant », rabâchent-iels. Des militant·es qui exècrent la République et la Révolution française et qui attendent ardemment le retour du roi.
Il y a plus de cinq cents ans donc, le 5 janvier 1477, René II, Duc de Lorraine, écrasait les troupes conquérantes de Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne. C’est ce que les historien·nes appellent la « Bataille de Nancy ». L’ex-libraire Jean-Marie Cuny, à la tête de l’association nancéienne « Mémoire des Lorrains », rassemble depuis janvier 1977 (soit près de cinquante ans maintenant), toutes et tous les réacs du coin, au pied du monument en grès rose érigé sur la place de la Croix de Bourgogne à Nancy et dessiné par le Nancéien Victor Prouvé (père de l’artiste Jean Prouvé). Pendant environ vingt ans, ces traditionalistes n’étaient que dix ou vingt pelé·es à braver le froid, la pluie et la neige des hivers lorrains chaque 5 janvier. Des pétards mouillés, un feu d’artifice miteux, des drapeaux lorrains aux trois alérions et du vin chaud réchauffé sur un Bleuet de camping. Iels se définissent comme des « vrais Lorrains » ou comme « lorrains avant d’être français ». Cette fête « est le symbole de [leur] identité et de [leur] enracinement ». Elle est pour elleux « identitairement Lorraine ».
« La Bataille de Nancy », par Eugène Delacroix, peint en 1831. (Photo DR)
Mais depuis le mitan des années 1990, une dizaine de tondu·es supplémentaires est apparue : des militant·es royalistes à la fleur de lys et des jeunes nationalistes aux cheveux ras qui sont venu·es renforcer les troupes vieillissantes et pseudo-historiques. À la fin des années…
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