Récit du procès d’une action contre les bétonneurs empêchée par la police en décembre dernier.
En ce matin du mardi 15 octobre, une centaine de personnes sont réunies devant le tribunal judiciaire de Nantes, autour des tracteurs décorés d’une banderole : “paysannes travailleurs autonomes, organisons la résistance”. À l’intérieur, la salle d’audience est pleine. Ils et elles ont répondu présent.e.s pour soutenir les inculpé.e.s du 11 décembre 2023.
Rappel des faits
En décembre 2023, 200 organisations appellent à une mobilisation contre les intérêts du bétonneur terroriste Lafarge-Holcim. À cette occasion, devant le site de Saint-Herblain, à l’ouest de l’agglomération nantaise, une manifestation est organisée. Elle est très vite contenue par un dispositif de maintien de l’ordre très important. 14 personnes sont alors arrêtées, de manière complètement aléatoire, et 11 sont inculpées pour un motif dérisoire : “Entrave à la circulation de véhicules sur la voie publique”. Le but, criminaliser le droit à la manifestation en détournant les procédures les plus courantes du code pénal. Une répression financière du militantisme de plus en plus utilisée à l’image des pluies d’amendes de 135€ distribuées lors des derniers mouvements sociaux ou lors des journées de soutien au peuple palestinien.
Le procès du droit à manifester
À l’audience, les inculpé.e.s invoquent le droit de garder le silence. Seul l’un d’eux prononce une déclaration en leur nom. Il rappelle notamment que “la production de ciment est aujourd’hui responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre, soit trois fois plus que le transport aérien”, et que “Lafarge est l’objet d’une mise en examen pour complicité de crime contre l’humanité, et a un procès à venir pour financement du terrorisme.” “Face à l’action écocidaire de certaines grandes entreprises comme Lafarge et l’inaction climatique de…
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Auteur: Phonax

