L’imaginaire de la génération militante issue des luttes contre la loi travail en 2016 a largement été forgé par les récits de Nantes Révoltée. Devenu Contre-attaque, le média que Darmanin voulait dissoudre a récemment publié, aux éditions Divergences, le livre Nantes, ville révoltée qui nous propose Une contre visite de la cité des Ducs à travers le récit fictif de Claude, un jour d’émeute. L’ouvrage se défend d’être un livre d’histoire, mais c’est bien l’un des documents les plus complets sur l’histoire des luttes sociales à Nantes. L’effervescence insurrectionnelle des milles anecdotes que l’on se délecte à lire se heurte au développement sans fin d’une Métropole monstrueuse aux allures de prison. Un livre à se procurer de toute urgence pour se convaincre qu’ « il n’est pas de révolution qui ne soit pas le produit d’un territoire et des gens qui l’habitent. »
Qu’on se le dise : Le Poing, comme tant d’autres médias engagés, a été influencé par le succès de Nantes révoltée. Ses récits d’émeutes vécus de l’intérieur ont affirmé le cœur de notre ligne éditoriale : parler des luttes sociales du point de vue de celles et ceux qui les font. Ce souffle nantais impulsé sur toutes les manifs ne vient pas de nulle part. C’est le frisson des émeutiers de 1830, des résistants fusillés sur la Cour des 50-Otages, des grèves insurrectionnelles de 1955 (« Un jeune maçon, Jean Rigollet, est tué par balles […] C’est à partir de cette date que les syndicats locaux s’accordent pour ne plus jamais déclarer de manifestation en préfecture »), des assauts contre la préfecture en 1968 (« Le préfet de Nantes, acculé avec quelques policiers dans le bâtiment, appelle le ministre de l’Intérieur pour demander l’autorisation de tirer à balles réelles »), des luttes antinucléaires de la fin des années 1970 qui empêchent l’installation d’une centrale au Pellerin («…
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Auteur: Le Poing

