Narcotrafic : Au Sénat, Amine Kessaci défend un texte pour sécuriser les lanceurs d’alertes

Le point de départ, c’est un drame. Le 13 novembre dernier, Mehdi Kessaci, 20 ans, est assassiné en plein jour à Marseille. Il n’était pas impliqué dans le trafic de drogue. Les enquêteurs parleront d’un « assassinat d’avertissement ». Son frère, Amine Kessaci, militant écologiste et fondateur de l’association Conscience, dénonce depuis des années l’emprise du narcotrafic et accompagne des familles de victimes. « On a beaucoup parlé d’un crime d’intimidation, mais il ne s’agit pas d’un crime d’intimidation, c’est un crime d’avertissement. S’ils avaient voulu m’avertir, ils auraient mis une balle dans ma boîte aux lettres. Là, ils ont ôté la vie de mon petit frère », lance-t-il. Depuis, lui et ses proches vivent sous protection policière. « Quand on protège des personnes, on leur permet de vivre. On ne leur dit pas : vous êtes assigné à résidence avec des policiers et vous oubliez vos études, votre travail. » C’est précisément ce vide que la proposition de loi veut combler. Déposée initialement par la députée écologiste Sandra Regol, le 12 février elle est adoptée à l’Assemblée nationale, et désormais elle est portée au Sénat par Guy Benarroche dans le cadre de la niche parlementaire du groupe écologistes.

Un dispositif distinct du droit pénal

Aujourd’hui, le code de procédure pénale prévoit des dispositifs de protection pour les témoins, les victimes ou les repentis dans le cadre d’une…

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Auteur: Emma Bador-Fritche

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