« Submersion. » C’est à cela que l’Hexagone serait exposé – selon le premier mot du rapport de la commission d’enquête du Sénat sur le trafic de drogues, publié le 14 mai dernier – au vu de l’ampleur de la circulation de produits stupéfiants sur le territoire. Entre autres, la corruption dite de « basse intensité », qui s’étend majoritairement au sein de la police, alarme. « La corruption correspond à tout détournement du bien commun à des fins d’intérêts personnels », définit Clotilde Champeyrache, économiste au Conservatoire national des arts et métiers, spécialiste des mafias et des économies criminelles. La « basse intensité » désigne principalement des consultations illégales de fichiers de police, en échange d’une rétribution ou d’une rémunération.
Si un policier donne l’information d’un fichier à un gangster, c’est très grave.
F. Rizzoli
Mais ce terme est loin de faire l’unanimité. Fabrice Rizzoli, docteur en sciences politiques de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la grande criminalité et président de Crim’Halt, une association visant à « contribuer à l’émancipation des citoyens face à toutes les formes de criminalité préjudiciables à la société, telles que le crime organisé, la corruption ou encore la délinquance économique et financière », le réfute : « Si un policier consulte simplement un fichier pour des raisons personnelles, ce n’est pas très grave. Par contre, s’il donne l’information d’un fichier à un gangster, c’est très grave, cela a d’importantes conséquences. »
Il est ainsi de plus en plus fréquent que des trafiquants échappent aux interpellations, ayant vraisemblablement été prévenus au préalable par des agents de police. À Rennes, l’IGPN a par exemple été saisie en janvier dernier, après que des malfaiteurs ont « manifestement été informés » d’une…
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Auteur: Éléna Roney

