Depuis les années 2000, l’importation, la distribution, la consommation et les saisies de drogues illégales ont nettement progressé en France. C’est en particulier le cas pour la cocaïne, la France faisant partie du groupe des cinq plus gros consommateurs de l’Union européenne. Le développement des marchés à ciel ouvert de la drogue par des entrepreneurs criminels cause une forte émotion en raison du recours à des groupes armés et à des tueurs à gages.
En effet, la distribution étant illégale, les conflits commerciaux entre groupes rivaux sont nécessairement régulés par la violence, et parfois même la violence mortelle. Ce sont le plus souvent les concurrents qui sont tués, et aussi, mais très rarement, des habitants. Ainsi, lors de l’année la plus noire, à Marseille en 2023, il y a eu 49 règlements de comptes mortels – le plus souvent par balles.
Chorégraphie routinisée
Le commerce illégal de drogues doit absolument être pensé dans un cadre économique. En réduire l’empreinte suppose de perturber le marché, ce qui va se traduire – en cas de succès – par une élévation du prix du gramme de cocaïne. La quantité de produit saisi n’est nullement un indicateur de réussite des pouvoirs publics. Les importateurs peuvent se permettre de perdre une partie du produit, tellement leurs marges sont confortables.
Face au problème de la violence des groupes criminels, le gouvernement répond toujours par une mise en scène du « mal » et de sa « détermination totale » à l’éradiquer, suivant une chorégraphie routinisée, voyage à Marseille à l’appui. Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé vouloir passer les banlieues « au Kärcher », et invité des spectateurs aux prises de trophées : en 2010, 250 CRS et policiers investissaient le quartier de la Castellane à Marseille.
Après l’élection de François Hollande en 2012, ce sera le temps de la…
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