Angle mort de la lutte contre le grand banditisme : le blanchiment d’argent. Auditionné ce jeudi 22 mai par la commission d’enquête du Sénat sur la lutte contre la délinquance financière, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a alerté les élus sur les difficultés des enquêteurs et de la justice à mettre la main sur les actifs générés par les trafics. Chaque année, ce sont plusieurs milliards d’euros qui échappent ainsi aux autorités. « Si nous constatons le fonctionnement des réseaux criminels sur le narcotrafic, la prostitution, le trafic de migrants […] nous retrouvons, finalement, assez peu d’argent, et quasiment pas d’argent liquide », a reconnu le ministre.
« La volonté de suivre l’argent pour atteindre les structures et les sommes issues du trafic illicite et de la fraude pose toujours un problème », a pointé, en introduction de cette audition, le sénateur du Lot (RDSE) Raphaël Daubet, président de la commission d’enquête. Selon lui, les dernières évolutions législatives, notamment l’adoption d’une proposition de loi inspirée des travaux du Sénat sur le narcotrafic, « ne permettent pas de surmonter une difficulté structurelle, entre l’articulation du contentieux du blanchiment et celui de l’infraction principale ».
« Nous ne comprenons pas les réseaux de sortie de cet argent »
« Le sujet n’est pas tant le produit que ces criminels vendent mais l’argent », a martelé à plusieurs reprises…
Auteur: Romain David

