Une fois n’est pas coutume, Nathalie se sent un peu contrariée. Le mois de septembre touche à sa fin et les plannings de ses enfants ne sont pas encore tout à fait calés, entre école et activités. Il y a aussi cette blessure à la cuisse, qui va peut-être retarder ses tests sportifs de rentrée. Attablée dans le salon de sa maison, que traverse la lumière rasante de l’automne, elle explique simplement : « J’aime que les choses soient bien organisées, sinon je me sens stressée. » Il faut dire que la vie de Nathalie, 39 ans, est bien remplie. Chargée de mission à temps plein dans une grande entreprise, elle est aussi pompière volontaire depuis six ans.
Le centre de secours de la petite ville balnéaire où elle vit depuis 2010, sur le littoral atlantique, compte dix autres femmes volontaires et une soixantaine d’hommes, ainsi qu’une trentaine de professionnelles (dont cinq femmes). Au niveau national, on dénombre 2657 sapeuses-pompières professionnelles (soit 6 % des effectifs « pros », et 39 789 sapeuses-pompières volontaires (soit un.e volontaire sur cinq). La première rencontre entre Nathalie et les pompieres s’est déroulée au cours de l’été 2019, lors de la traditionnelle distribution du calendrier. « Celui qui était là a fait tomber un à un tous les arguments que j’avançais pour expliquer que je ne pouvais pas m’engager : la distance entre mon domicile et le centre de secours, mon niveau sportif ou ma disponibilité. La semaine suivante, j’étais au centre de secours pour une première prise de contact. »
Se sentir utile
En janvier 2020, Nathalie est « incorporée » : elle peut commencer la formation. Le comité consultatif du centre, qui a validé cette incorporation, lui a bien rappelé les contraintes des pompieres volontaires : les gardes peuvent avoir lieu au moment de Noël, par exemple. Mais peu importe, pour Nathalie. Elle est emballée. Ses enfants aussi. Iels ont alors 7 et…
Auteur: Nolwenn Weiler
