« Le dividende est un loyer que l’on verse à ceux qui apportent du capital. »
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies
Une phrase aura suffi à Patrick Pouyanné pour exposer, avec une franchise presque désarmante, la doctrine réelle de son groupe. L’énergie est un bien vital, certes, mais la rente des actionnaires, elle, est intangible. Fort de ce constat, comment négocier avec ce géant draculaire ? Dans un contexte de crise énergétique qui appelle des réponses à la hauteur, que faire de ce nouveau Charybde et de son emprise destructrice sur le coût de l’énergie, et donc sur le vivant ? Si, dans l’immédiat, le blocage des prix à la pompe par l’encadrement des marges du monstre paraît salvateur, cette posture, encore trop conciliante, ne saurait être à la mesure du pillage tendanciel mené par le groupe. Non, ce qu’il faut, c’est nationaliser TotalEnergies. Les données financières officielles du groupe, son histoire et le droit constitutionnel français y invitent tous les trois, de façon convergente et imparable.
Une crise énergétique, une machine à profits
Le 28 février 2026, la guerre éclate dans le Golfe. En moins d’un mois, le Brent bondit de plus de 50 %, dépasse brièvement les 119 dollars et demeure, au 23 mars, solidement arrimé au-dessus de 110 dollars.
Les majors pétrolières n’ont pas besoin de provoquer l’incendie. Il leur suffit d’y prospérer. La tension géopolitique raréfie l’offre, les marchés s’emballent, et l’angoisse collective se transforme, très méthodiquement, en marges, en dividendes et en rachats d’actions.
En France, ce mécanisme a un nom : TotalEnergies. En 2022, lors de la précédente flambée, le groupe a affiché 36,2 milliards de dollars de bénéfice net ajusté. La même année, il a versé près de 10 milliards de dividendes et consacré 7 milliards au rachat de ses propres actions : 17,7 milliards rendus aux actionnaires. En 2023 : plus de…
Auteur: romain romain

