Naturalisation : des Palestiniens sous pression de la DGSI

« Vous avez été engagée dans l’associatif ? » demande à Rola* l’un des deux hommes qui se tient en face d’elle. « Oui », répond la jeune femme avec fierté. La scène a lieu au début des années 2010 dans les bureaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret. Rola, Palestinienne venue en France pour ses études, y a été convoquée après sa demande de naturalisation. « Je n’avais rien à cacher », raconte celle qui a fait partie de l’Union générale des étudiants palestiniens (Gups) en France, une association engagée pour la libération de la Palestine.

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Les prénoms suivis d’une astérisque a été modifié.

Les questions s’enchaînent pendant deux heures, sur sa famille, ses amis, son parcours. Le lendemain de ce premier entretien, de bonne foi, Rola rappelle ses interlocuteurs pour ajouter un élément oublié sur un parent éloigné, et dont une proche lui a dit au téléphone qu’il vaudrait mieux le communiquer. La DGSI saisit l’occasion et lui propose un autre entretien.

Je n’ai pas eu de pression directe, mais aucune nouvelle de ma demande pendant quatre ans.

Rola

Cette fois, un agent vient déjeuner avec elle. « Ils cherchaient des infos sur la Gups. » À cette époque, elle n’y est plus, car l’association est réservée aux étudiants. Mais l’agent lui assure qu’il peut l’aider à y entrer de nouveau. Quelques jours plus tard, elle décline l’offre, prétextant se « concentrer sur son intégration en France et son projet professionnel ». « Pas de problème », lui aurait-on répondu. « Je n’ai pas eu de pression directe, mais aucune nouvelle de ma demande pendant quatre ans, malgré mes relances régulières, même avec un avocat »,…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pauline Migevant

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