C’est un épisode de plus dans le face-à-face délétère installé par des agriculteurs face aux professionnels de l’environnement, régulièrement insultés et menacés sur fond de contestation des normes écologiques. Le 4 février, à Missillac (Loire-Atlantique), une jeune technicienne naturaliste venue faire des relevés sur une parcelle agricole dans le cadre d’un inventaire des zones humides a été agressée verbalement et menacée de mort par le chef d’exploitation, Alain Bernier, ancien président de la chambre d’agriculture et de la FNSEA 44, accompagné de son fils, révèle Médiacités.
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L’agriculteur — bien connu dans la région depuis qu’il a organisé un lâcher de ragondins dans les rues de Nantes — accusait la technicienne d’effectuer des prélèvements sur une zone exclue de l’inventaire qu’elle réalisait. Une information exacte, mais que la jeune femme n’avait pas reçue, rapporte Médiacités. Cette dernière et le bureau d’études pour lequel elle travaille ont immédiatement déposé plainte. Après trois mois de silence, elle a accepté de parler à Reporterre, de façon anonyme.
Reporterre — Alain Bernier, l’agriculteur mis en cause dans votre plainte, évoque un simple échange « courtois mais tendu ». Comment se sont déroulés les faits ?
J’étais garée sur le bord d’une parcelle le temps de faire trois ou quatre sondages et quelques photographies techniques. En sortant, je retourne à mon véhicule, je fais demi-tour et, à ce moment-là, je vois deux tracteurs avec deux hommes qui m’attendent au bout du chemin, les bras croisés. Je m’apprête à sortir de ma voiture, mais ils ouvrent violemment la porte, je suis encore attachée. L’agriculteur m’interpelle vivement, il arrache mon bonnet de ma tête, me tutoie et me demande ce que je fais là, me prend mon stylo…
Auteur: Antoine Humeau

