Naturalistes, nous rejoignons les luttes locales

Les Naturalistes des terres est un jeune collectif de naturalistes qui souhaitent se rendre disponibles pour soutenir les luttes locales de défense du vivant, avec notamment des contre-expertises d’espèces protégées. 200 d’entre eux sont déjà inscrits sur un annuaire cartographique participatif.


Nous sommes des naturalistes : scientifiques, juristes ou amateur·ices, débutant·es ou confirmé·es, sympathisant·es ou praticien·nes. Nous comptons les oiseaux, les papillons ou les chauves-souris pour documenter l’état de leurs populations. Nous militons pour protéger des petites poches précieuses d’habitats, nous documentons des listes rouges d’espèces menacées toujours plus fournies, mais peu efficientes. Nous nous épuisons en recours interminables pendant que les projets se poursuivent. Nous transmettons notre émerveillement aux petit·es et grand·es lors de sorties naturalistes, avec l’espoir d’en faire des complices relié·es à la vie sauvage. Mais l’émerveillement de nos promenades est, depuis près de dix ans, teinté par l’amertume d’un vide croissant.

Chaque printemps, nous attendons désormais avec angoisse le retour d’Afrique des oiseaux migrateurs, toujours moins nombreux. Nous sommes les témoins directs du silence qui progresse, de la diminution des éphémères ou des capricornes, des conséquences de la véritable guerre déclarée contre le vivant. Nous nous épuisons dans les instances, nous tentons d’influencer les décisions politiques. Nous usons une énergie folle pour porter une voix presque toujours dissonante, anecdotique.

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De toute évidence, cela ne suffit pas. Et doucement, parfois, nous sombrons dans une forme d’écoanxiété, de cynisme ou de désaffection. Nous alimentons notre propre angoisse par nos observations et par nos suivis. Sans parler de la détresse qui gagne certain·es de ceux qui se retrouvent à travailler en bureau d’étude et qui doivent, parfois malgré elles et eux, défendre des projets destructeurs.

Nous refusons ces états de fait

Les forces extractivistes ne faiblissent pas. Face à un enjeu de développement de territoire, un potentiel profit économique, un conflit d’usage quelconque, le vivant est et reste le dernier des soucis. Avec le soutien des pouvoirs publics, le fond des océans est dévasté, les dauphins meurent par milliers.

La guerre éclate en Ukraine ? Vite, la FNSEA profite de l’angoisse généralisée pour faire cultiver de nouveau toutes les bordures des champs. Et tant pis pour les bruants. Il faut toujours plus de camions pour livrer les colis Amazon ? Construisons une nouvelle autoroute à travers les marais camarguais. On veut du transport bas carbone ?…

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Auteur: Reporterre

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