Une flottille pour Gaza qui devait être la plus grande jamais organisée. Des dizaines de bateaux, des mois de préparation, une mobilisation qui avait tenu bon face à la répression. Et puis, au moment décisif, l’impossibilité de décider — ni d’avancer, ni de s’arrêter.
Ce texte part de cet échec pour poser une question plus large : que fait-on quand on veut agir en pleine période de reflux, alors que le mouvement qu’on espère porter s’essouffle plutôt qu’il ne monte ? Il retrace le contexte — des désaccords et des différences entre les organisations, la Méditerranée de plus en plus militarisée, la solidarité avec la Palestine qui recule dans les pays du centre impérialiste tout en restant vive ailleurs — puis remonte le fil des choix qui ont mené à l’impasse : un mot d’ordre qui recouvre deux objectifs contradictoires, une alliance stratégique qui devient ingérable, une structure horizontale qui masque des hiérarchies.
Le texte ne s’arrête pas au constat. Il s’en sert pour interroger deux tentations qui traversent d’autres mouvements d’ « action directe » : croire que la force de la volonté suffit à créer les conditions d’une victoire et croire qu’un groupe déterminé peut se substituer à un mouvement qui n’existe pas encore ou plus. Il questionne aussi une culture militante où l’éthique finit par étouffer le débat stratégique, et où le soin, pensé comme gestion individuelle des émotions désamorce les désaccords politiques plutôt que de les affronter.
Ce n’est pas un règlement de comptes mais d’une tentative de comprendre ce qui a coincé, pour que la prochaine fois, ça coince un peu moins.
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