Naza. Des lueurs dans la nuit

Un film qui a suscité une violente controverse en Israël jusqu’au graffiti portraiturant les réalisateurs Yuval Abraham et Rachel Szor, barré par le mot traîtres, que le ministre israélien de la culture souhaite déchoir de leur nationalité sans oublier Netanayou menaçant de trainer devant les tribunaux ces militaires qui parlent de leur mission d’abattre tous les membres du Hamas.
Vingt-quatre soldats israéliens nous ouvrent les coulisses de la guerre menée à Gaza depuis le 8 octobre 2023 : un désastre humain. Le titre Naza est un acronyme de l’hébreu Nezek Agavi qui signifie « dommages collatéraux »et désigne parfaitement bien le centre de gravité du propos qui concerne le nombre effrayant des victimes civiles.

D’après le premier témoin, l’Etat-major israélien est clair, « Personne n’est innocent à Gaza. Une nation entière est jugée responsable, nous devions raser Gaza, explique-t-il, ils le méritent. »Il s’agit bien d’une guerre contre le peuple palestinien confirmée par une des sources qui révèle l’approbation donnée de sacrifier 500 civils pour tuer un seul membre du Hamas. Oui c’est un génocide dit un des témoins … je suis génocidaire. Pas de fioritures, pas d’effets, c’est une voix qui ne triche pas et pèse ses mots. Mais qui me parle ainsi à m’arracher les larmes ?
Mon corps ne ressent aucune douleur, il est tétanisé, cloué sur place dirait mon père et il me semble que je ne suis pas le seul car, dans la salle, pas de frottements de papiers de bonbons, ni de toux, ni d’éternuement, ni de téléphones qui s’oublient. C’est une bien étrange expérience où l’écran m’invite à transpirer l’obscurité d’une nuit sur un des toits-terrasse de Tel-Aviv. Tout se confond, la salle est dans l’écran, l’écran est dans la salle, je peux dire que, d’une certaine manière, je descends dans la salle, je monte sur le toit. Autrement dit, la distance intime avec le film serait…

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